Certains pays peuvent faire figure d'eldorado. Mais le véritalbe eldorado est en nous. C'est la combinaison unique formée par nos talents.
En France, Londres a longtemps fait figure d’eldorado pour ceux qui voulaient prendre l’ascenseur social. Aujourd’hui, le Qatar exerce un vrai pouvoir d’attraction chez les beurs en quête de réussite. Anouar, 32 ans, a grandi à Mantes-la-Jolie. Il a complété son diplôme de l’ESC Rouen avec un Master de finances à Paris. Après avoir travaillé chez Allianz, il a été recruté par la Qatar Islamic Bank. « Quand je suis parti, en pleine crise, mes collègues en France n’ont pas compris ma décision. C’était une opportunité pour évoluer et travailler sur la finance islamique, qui interdit la rémunération de l’argent. » Anouar ne regrette pas son pari. Il a pris du galon dans une autre banque qatarienne, la Barwa Bank, et sa femme a trouvé du travail au Qatar Financial Market, l’équivalent de notre Autorité des marchés financiers. Ce qui ne l’empêche pas d’être clair : « Le Qatar, eldorado des beurs, c’est totalement faux. Ce sont les compétences qui comptent avant tout. »
Une fois arrivé sur place, les eldorados peuvent se transformer en fiasco. C’est ce qui est arrivé à Jane qui estime avoir fait une erreur stratégique. Un an après avoir décroché un Master 2, elle a accepté une offre sans trop réfléchir. Non seulement, ça ne lui a rien apporté mais ça lui a fait perdre confiance en soi. Elle n’avait pas trouvé l’emploi de ses rêves à la sortie de l’université. Elle revenait de six mois au Canada, la France l'étouffait. Une ancienne camarade de classe lui a proposé de venir travailler aux Pays-Bas. N'étant pas sûre de faire le bon choix, elle a demandé conseil à d'autres qui lui ont dit : " C'est un poste à l'étranger, ça ne peut être que bénéfique" ou "de toute façon, si jamais ça ne te plait pas, tu pourras toujours revenir ".
Elle a envoyé son CV, a été engagée deux jours plus tard, et a repris son sac à dos la semaine suivante. « C'était un poste dans un centre d'appel. Où on n'est qu'une voix au bout du fil. On est comme des machines devant faire plus de cents appels de 4 minutes maximum. Nous étions tous surdiplômés…Et on ne démissionnait pas car il fallait bien payer son loyer. Et puis on aimait nos sorties du vendredi soir, et de toute façon, on n'aurait pas été embauché autrement qu'en centre d'appels sans parler néerlandais. C'est ce qu'on nous disait, et c'est ce qu'on se disait. » Elle a quitté les Pays-Bas après dix mois.Depuis, elle tourne en rond. « Je suis anxieuse, irritable. Je suis jalouse de mes amis qui étudient ou qui ont un emploi digne de ce nom. Et, aussi, je mens lorsque l'on me demande : "La Hollande, c'était comment ? - Merveilleux!", ou "et les études, tu continues ? "Et alors maintenant, tu fais quoi ? Je répond que je cherche un emploi et suis sur plusieurs pistes...En réalité je ne suis plus sur aucune piste », souligne Jane totalement dégrisée.
Pourquoi partir à l’étranger si c’est pour se lancer dans une sorte fuite en avant qui ne résout rien et reporte l’échéance pour trouver un vrai travail ? Cette expérience malheureuse a eu le mérite de pousser Jane à faire son bilan avec lucidité. Seulement, elle ne voit vraiment pas quelle pourrait être sa valeur ajoutée. « Je n'ai pas de diplôme suffisamment spécifique pour pallier mon manque d'expérience. Et n'étant plus étudiante, je ne peux plus faire de stage pour me spécialiser. Alors, on fait quoi ? Comment reprendre confiance en soi ? Comment rendre son expérience positive ? Comment redevenir un bon candidat ? Si jamais y a une recette miracle ou une formule magique ! »
J'ai envie de dire à Jane que nos talents sont notre capital le plus précieux. Le premier pas pour elle serait de trouver le moyen de les identifier pour mieux cerner sa signature personnelle et le cadre professionnel le plus approprié pour viser une certaine excellence. Ca serait le début d'une longue marche vers un eldorado que personne ne pourrait lui enlever.
C’est aussi un nouvel eldorado pour les Africains qu’ils soient réfugiés,
Rédigé par : swarovski sale | 24/02/2012 à 09:16