Jean-Pierre
Bonnaud, stratége en Personal branding, mon confrère au sein de l'association Authentys, me rappelle dans un mail que les rapports entre la marque
commerciale et la personne étaient au cœur de la réflexion de Jacques Séguéla.
Je le soupçonne de savoir de quoi il parle puisqu'il a eu la chance de
participer à la grande aventure de RSCG. Publicitaire pendant 20 ans,
Jean-Pierre a fréquenté et conseillé les marques les plus prestigieuses
(Coca-Cola, Gillette, Heinz, Mars, Citroën, Carrefour, Kodak, …)
Une star dans son métier
« À
l'époque, souligne-t-il, quand on créait une campagne publicitaire, on
travaillait sur une analogie qui consistait à “traiter“ la marque comme une
personne. » Cette personne
était définie par trois caractéristiques essentielles : un physique, un
caractère et un style. Le caractère était ce qui la faisait exister. Et le
style était au caractère ce que le micro est au chanteur de charme, le moyen de passer la rampe. Une marque n'était rien
d’autre que la fusion mystérieuse de ses trois composantes. Le
rôle de la communication était de faire de cette marque assimilée à une
personne une star…d'où la star stratégie qui était le moteur de la plate-forme
créative de l’agence RSCG. "Trente
ans après cette période glorieuse l'ascenseur est renvoyé dans l’autre sens", note Jean Pierre avec beaucoup de pertinence. C'est la personne qui est considérée comme une marque et le Personal branding
cherche à en faire une star dans son métier ! »
Ce qui compte…
On dit souvent que dans l’univers des prestations immatérielles, un
fossé sépare souvent le premier (la star) de la meute des seconds. C'est le cas
paraît-il chez les traders. Et c'est ce qu’on appelle l’effet Pavarotti par
référence au célèbre ténor italien. Dans la réalité, cet effet est à nuancer.
Tout le monde n’a pas forcément un tempérament de star. Ce qui compte est de
donner le ton dans son métier avec son propre style. Plusieurs
personnalités sont en général capables de le faire. C’est ce que montre un article du Figaro du 27 août 2009 intitulé “Comment les paysagistes
étendent leur influence“. Papier qui évoque l’émergence d’une nouvelle
profession mêlant l’architecture et l’urbanisme.
Cinq maîtres à penser
Le
journaliste nous parle de cinq maîtres à penser qui sont consultés dans tous
les grands projets et sollicités par l’édition et les médias. Et si l’un
d’entre eux, Michel Desvigne, est présenté comme une star très présente sur la
scène internationale, les quatre autres ont autant de poids à travers leur
propre marque personnelle. Que ce soit Michel Corajoud, le rénovateur – Gilles
Clément, le médiatique – Pascal Cribier, l’écologique – Alexandre Chemetoff,
l’explorateur de territoires. Pour ces cinq personnalités, reconnues dans leur
domaine de référence, la notoriété agit à la manière d'un pied-de-biche en leur
permettant d'ouvrir bien des portes récalcitrantes.